
Disons le tout de suite : Cibelle est la perle de cette Fiest’à Sète 2005 ! Croisement difficile et réussi entre PJ Harvey pour la fougue et Beth Gibbons pour la voix, la brésilienne a emmené le millier de personnes présent dans le Théâtre de la Mer vers des terres où se rencontrent trip-hop, électro et bossa. Capable de transporter son public au bord d’une plage avec sa seule voix et une guitare sèche délicatement pincée, Cibelle se jette l’instant d’après dans une pure violence électro, laissant la part belle au bidouillage. Ces frappes dorées ont la puissance qu’un orchestre de samba hystérique. Une force qui rappelle parfois Dead Can Dance.
Cibelle n’est pas seulement belle, elle est drôle. Elle a communiqué sans effort avec un public ébahi, conquis par tant de grâce. Au moment du rappel, la chanteuse s’est amusée avec des clés et autres briquets pour poser une dernière vague d’un trip-hop jouissif et charnel. Il y a beaucoup de talent et d’inspiration chez cette jeune Brésilienne. Le public ne s’y est pas trompé :il lui a réservé une standing ovation.
Puis ce fut Lénine ! Star montante depuis quelques années en France, le typhon brésilien était attendu par le public. Il n’a pas déçu : de l’énergie, de l’excentricité, de la folie à revendre. Car il en fallait pour balancer une musique ce soir là presque trop rock. On a souvent eu l’impression d’une grosse machine bien lourde. Lénine n’a pas fait dans la dentelle ! Pendant que le batteur s’appliquait à défoncer la batterie, la basse et la guitare électrique s’échinaient à se faire entendre. Il n’y avait guère que Lénine pour résister à ce bombardement sonique. Une pause pourtant : une envolée, le temps d’un duo avec Cibelle. Le concert s’est terminé au pas de charge, laissant le public du Théâtre de la Mer pantelant mais ravi.
Et toujours les afters à la plage !
Publié le mardi 9 août 2005.